Restauration

    Clément Emery

    Roland Bonaparte n’avait pas prévu de bar dans son palais : comment vous êtes-vous fait une place ici ?  

    Que ce soient les salons particuliers Le Fumoir, La Salle de l’Horloge ou Le Billard, tous les trois classés aux Monuments Historiques, ou bien le Bar Le Botaniste, créé de toutes pièces dans l’esprit du grand herbier de Roland Bonaparte, ces lieux, bien que distincts et proposant des concepts uniques en leur genre, possèdent des points communs qui ne sont pas des moindres : ils sont emplis d’Histoire et d’histoires, chargés d’atmosphères envoûtantes et nourris d’un imaginaire très fort lié à cette grande famille française.

    Alors que les « lounges » proposent une ambiance empreinte de classicisme et d’élégance dans l’esprit des salons « à la française » avec des canapés confortables, de magnifiques lustres de cristal et une cheminée qui apporte à ces lieux d’exception un véritable supplément d’âme, le Bar Botaniste quant à lui s’inspire des décorations du Château de la Malmaison, dans un somptueux style « retour d’Égypte » suite aux campagnes napoléoniennes de l’époque. Il arbore un comptoir de granit noir, de bronze et d’acajou, rehaussé de tonalités céladon particulièrement prisées en Asie, donnant ainsi vie à une ambiance feutrée et conviviale avec un incontestable souhait de modernité en cassant les codes du luxe traditionnel des palaces parisiens. Le seul luxe est cet instant où, en pénétrant dans Le Bar Botaniste, le temps semble être suspendu…

    Avez-vous des cocktails fétiches, sur votre carte ?  

    Je dirais qu’un de mes cocktails préférés est le Cyrus, développé par un jeune talent de mon équipe, Alexandre, qui par ses voyages autour du monde, a souhaité mettre en avant un ingrédient étonnant : le citron noir d’Iran. Ce cocktail aux saveurs profondes marie à merveille cet agrume d’exception à une vodka et un apéritif français dans un subtil équilibre qui ravira les papilles des élégantes et des élégants qui prendront le temps de pousser les portes du Botaniste.

     J’aime aussi beaucoup El Cinco de Mayo, l’une de mes créations, qui casse les codes du cocktail classique et s’aventure sur une piste plus « savoury » dans une approche quelque peu gastronomique, en alliant jus de betterave fraîche, estragon, Bourbon infusé au poivre blanc de Malabar, Mezcal, sirop d’agave, Fernet,  et vieux vinaigre balsamique, dans un étonnant et détonnant mélange à la richesse aromatique qui ne laisse pas indifférent, entre saveurs animales, végétales et empyreumatiques.

      Le site de recrutement du Shangri-La Hotel, Paris